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Nouvelle Route du Littoral (NRL) - Livraison du Viaduc 5400

30 mars 2021

LA NRL :
UN CHANTIER D’UTILITÉ PUBLIQUE /

UN AXE SÉCURISÉ

1/ CONTEXTE

➜ La Route du Littoral actuelle représente un axe stratégique
essentiel à l’activité économique de l’île. En effet, elle relie
plusieurs bassins de vie et d’activités du territoire. Les communes
du Port (34 128 habitants), de La Possession (33 020
habitants), le chef lieu, Saint-Denis (près de 150 000 habitants)
et l’aéroport Roland Garros, situé sur la commune de
Sainte-Marie (33 839 habitants), sont connectés entre eux
par la Route du Littoral.

➜ Chaque jour, plus de 80 000 usagers et 60 % du fret de
l’île (marchandises, carburants…) empruntent cet axe.

➜ Depuis la mise en service de la première route du littoral
en 1963, cet axe est soumis à de multiples risques naturels
majeurs. Érosion, fortes houles, chutes de pierres… perturbent
régulièrement cet axe d’une douzaine de kilomètres. Sans
réel itinéraire alternatif, le quotidien des usagers et la vie économique
de La Réunion s’en trouvent donc fortement pénalisés.

➜ La Route de La Montagne (RD41) offre un parcours alternatif
presque deux fois plus long, pour une durée de trajet
quasiment triplée. Cet itinéraire, difficile d’accès pour les
poids lourds et interdit aux plus forts tonnages, est également
exposé à des risques d’éboulis.

➜ Un comité international d’experts (commission Süter),
désigné par le Ministre de l’Équipement, indique dans des
rapports (1999 et 2006), que la route actuelle, dangereuse
et non sécurisable, doit être abandonnée et préconise la réalisation
d’une nouvelle route éloignée de la falaise. Depuis
1976, année de mise en service en 2 x 2 voies de la route,
plus de 40 personnes ont été blessées (fortes houles, chutes
de pierres...) et 22 autres ont péri sous les éboulis.

➜ En 2006, suite à un éboulement de grande ampleur qui a
coûté la vie à deux personnes, l’État (alors responsable des
routes nationales) décide d’accélérer le projet d’une nouvelle
route et retient, avec la Région Réunion, le tracé littoral mixte
Digue, Viaduc et Tunnels.

➜ En 2012, la Déclaration d’Utilité Publique (DUP) lance
le coup d’envoi de ce chantier prioritaire. Le partenariat important
entre l’Europe, l’État et la Région Réunion permet de
répondre aux enjeux à la fois financiers, environnementaux et
sécuritaires.

2/ LA NRL, UN CHANTIER RÉUNIONNAIS,
FRANÇAIS ET EUROPÉEN

UN CHANTIER SOUTENU PAR L’EUROPE

Le Fonds Européen de Développement Économique Régional
et la Banque Européenne d’Investissement ont participé
activement au financement de ce projet d’intérêt général pour
tous les Réunionnais.

La BEI a jugé La Région Réunion sérieuse et saine, et à accorder
un prêt de 500 millions d’euros sous la forme d’un contrat
de financement signé en 2015. Ce prêt de longue durée et
à des conditions attractives grâce à la notation AAA de la
BEI, a permis une réelle optimisation du plan de financement
global du chantier.

L’État, l’Europe et la Caisse des Dépôts (CDC) ont également
financé la Nouvelle Route du Littoral.

FOCUS SUR la Banque européenne d’investissement (BEI)

Une action concrète et ciblée pour la croissance et l’emploi
Forte de son expertise et de son attractivité financière grâce à
sa notation triple A, la (BEI) s’est imposée comme l’acteur clé
de la relance par l’investissement en Europe et en particulier
en France avec près de 8,5 milliards d’euros de financements
nouveaux. L’action du Groupe BEI est centrée sur cinq secteurs
clés d’intervention :
➜ les petites et moyennes entreprises qui créent 80 % des
nouveaux emplois
➜ la protection de l’environnement urbain et naturel
➜ l’innovation pour promouvoir des compétences et des projets
innovants dans tous les secteurs de l’économie
➜ la modernisation des infrastructures et le développement
des réseaux trans-européens.


LA NOUVELLE ROUTE DU LITTORAL :
150 MESURES BLEUES ET VERTES POUR L’ENVIRONNEMENT

UN SUIVI RIGOUREUX

La collectivité s’assure de la mise en oeuvre d’un
ensemble cohérent de mesures permettant d’éviter,
réduire, suivre en continu et compenser les
potentiels impacts résiduels du chantier.
Ainsi, une
organisation environnementale garantissant un suivi contradictoire
des différentes problématiques environnementales a
été mise en oeuvre :
➜ sur les chantiers, les responsables environnement des entreprises
s’assurent quotidiennement des bonnes pratiques
environnementales ;
➜ par sa présence sur le chantier et l’intervention de bureaux
d’études spécialisés, EGIS, le maître d’oeuvre,
s’assure du respect et de l’efficacité des mesures
mises en oeuvre par les entreprises ;
➜ l’Assistant à Maîtrise d’Ouvrage Environnementale, le
groupement Biotope/Artelia, effectue pour le compte
de la Région une visite des chantiers au moins 2
fois par mois.
➜ la Direction d’Opération de la Nouvelle Route
du Littoral (DORL), centralise, analyse les différentes
données environnementales et informe
les services de l’État ;
➜ les services de police de l’environnement de
l’État effectuent à leur convenance des contrôles
inopinés et réguliers ;
➜ au moins 2 fois par an, la Région présente un bilan environnemental
au Comité Technique du Projet qui rassemble les
services de l’État et les collectivités concernées ;
➜ un comité scientifique regroupant des experts indépendants
internationaux est consulté au minimum deux fois par an
également et autant que de besoin sur les différents aspects
environnementaux du projet.

LA PRÉSERVATION DES MAMMIFÈRES MARINS

Les eaux réunionnaises sont notamment fréquentées par deux
espèces de cétacés qui relèvent d’enjeux particulièrement
forts, car fréquentant la zone de façon assidue (le Grand
Dauphin de l’Indo-Pacifique, présent toute l’année au sein
d’une bande côtière restreinte et donc potentiellement exposée
aux effets du chantier ; la Baleine à bosse, présente
uniquement pendant l’hiver austral et particulièrement emblématique
et sensible aux perturbations anthropiques.)

DES MESURES D’ÉVITEMENT CONTRE LE BRUIT :

➜ avant et après les travaux bruyants sous-marins, des survols
ULM permettent de s’assurer de l’absence de mammifères
marins : en cas de présence à proximité, les travaux
ne démarrent pas ;

➜ les entreprises respectent des seuils de bruits parmi les
plus contraignants au monde. Les niveaux de bruit sont suivis
par 4 hydrophones fixes implantés à 750 m du chantier et
à 20 m de profondeur qui mesurent le bruit sous-marin en
continu et en temps réel (contrôle extérieur Nortekmed), un
dispositif d’alerte en temps réel (SMS générés automatiquement
au Maître d’oeuvre) activé en cas de dépassement des
niveaux de bruit autorisés et des mesures par hydrophones
embarqués effectuées de manière hebdomadaire par les entreprises.

➜ des dispositifs spécifiques sont mis en place par les entreprises
pour s’affranchir des travaux bruyants sous-marins (limitation
des travaux bruyants pendant la saison des baleines,
mise en place de rideaux de bulles pour contenir les bruits
sous-marins et utilisation d’explosifs sous-marins non détonants
pour les digues et viaduc, travaux « hors d’eau » pour la réalisation
des batardeaux du Viaduc de la Grande Chaloupe,
dispositif d’éloignement des individus avant des opérations
potentiellement bruyante/ramp up…)

DES MESURES DE COMPENSATION :

L’ÉQUIPE QUIÉTUDE est une équipe dédiée pour la mise
en oeuvre d’une démarche opérationnelle de suivi de l’activité
de whale watching à La Réunion . Il s’agit de maintenir
voire renforcer, pour la durée du chantier, les conditions de
quiétude des mammifères marins à l’échelle des eaux réunionnaises,
et plus particulièrement sur les secteurs concernés
par les activités de « whalewatching ».

LA PROTECTION
DES OISEAUX MARINS

La Réunion abrite six espèces d’oiseaux marins reproducteurs,
dont quatre appartiennent à la famille des Procellaridés :

➜ le Pétrel de Barau Pterodromabaraui et le Pétrel noir de Bourbon
Pseudobulweriaaterrima sont endémiques de La Réunion et
classés respectivement « En danger » et « En danger critique
d’extinction » par l’Union Internationale pour la Conservation
de la Nature (IUCN2017).

➜ le Puffin du Pacifique Ardennapacifica et le Puffin tropical
Puffinusbailloni sont classés comme non menacés (« Préoccupation
mineure ») à l’échelle mondiale, en raison de leur aire
de répartition indo-pacifique vaste et de leurs effectifs mondiaux
importants (IUCN2017).

Ces quatre espèces sont localement protégées par arrêté
ministériel.

Le chantier de la Nouvelle Route du Littoral prévoit, depuis sa
conception, diverses mesures pour préserver l’avifaune :

DES MESURES D’ÉVITEMENTS ET DE RÉDUCTION
CONTRE LES ÉCHOUAGES :

Sur le chantier des éclairages respectueux de l’avifaune marine
sont mis en place avec :
➜ des lumières de couleurs jaune-orangées et orientées vers
le sol, afin de ne pas attirer et désorienter les oiseaux ;
➜ 50 jours d’interdiction d’éclairage en période d’échouage
massif (réparties entre les mois de décembre et avril)

DES MESURES DE COMPENSATION :

La Région accompagne et finance le plan de conservation
des puffins de La Réunion et le plan national d’actions en
faveur du Pétrel de Barau 2018-2027 dans le cadre des
mesures compensatoires associées à la construction de la
Nouvelle Route du Littoral. Ces plans élaborés et rédigés
par l’UMR Entropie en collaboration avec la SEOR (Société
d’études Ornithologiques de La Réunion) sous pilotage de la
Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement
(DEAL) de La Réunion, ont pour objectifs la sauvegarde
à long terme du Pétrel de Barau et la mise en oeuvre d’une
stratégie de conservation pour les puffins de La Réunion.

Ces actions pour la conservation de ces deux espèces bénéficient
d’un programme européen LIFE+ (2014 - 2020), piloté
par le Parc National de La Réunion et rassemblant de nombreux
partenaires.

LA QUALITÉ DE L’EAU
LA PROTECTION DES ZONES SENSIBLES

4 BOUÉES DE MESURES DE LA TURBIDITÉ EN
CONTINU ET EN TEMPS RÉEL
sont placées au niveau
des zones sensibles :
➜ 2 sur le Banc des Lataniers : une du Groupement « digues
 » (GTOI) et une du contrôle extérieur spécialisé (IX-Survey) ;
➜ 2 au niveau Pointe du Gouffre : 1 bouée du contrôle extérieur
spécialisé (IX-Survey) et 1 bouée du Groupement « 
Viaduc » (Vinci)

UNE SURVEILLANCE EN CONTINU
DES VARIATIONS DU TAUX DE MATIÈRES EN
SUSPENSION AVEC :

➜ un barrage anti-MES (matières en suspension) au niveau
du Banc des Lataniers,
➜ 8 points de suivis réguliers pour les MES repartis sur l’ensemble
de la zone de travaux, auxquels s’ajoutent de nombreux
contrôles aléatoires.
➜ ce suivi a mis en évidence, des concentrations moyennes
10 fois inférieures au seuil à respecter.
➜ 1 fois par mois : 8 stations à 3 profondeurs en référence
côtière + 3 stations à 3 profondeurs en référence eaux profondes
➜ 3 fois par semaine des prélèvements au débouché des
ravines (au moins 3 ravines) à 3 profondeurs.

LA PRÉSERVATION
D’ESPÈCES ENDÉMIQUES VÉGÉTALES ET LA
LUTTE CONTRE LES ESPÈCES EXOTIQUES
ENVAHISSANTES

Le chantier n’impacte pas directement le milieu terrestre constitué
de la falaise et du Massif de La Montagne.
Néanmoins, au vu de l’intérêt marqué par la présence d’une
flore rare à l’échelle de l’île voire de l’océan Indien, certaines
espèces font l’objet de mesures compensatoires et de suivi.

CONSERVATION D’ESPÈCES ENDÉMIQUES
COMME LE BOIS DE PAILLE-EN-QUEUE

Parmi les mesures compensatoires, la rédaction et la mise
en oeuvre d’un Plan Directeur de Conservation du
Bois-de-Paille-en-Queue à La Réunion synthétise les
connaissances sur cette espèce spécifique, identifie les dangers
menaçant l’espèce à La Réunion (manque de connaissances
sur l’espèce, menace des espèces envahissantes,
problème de foncier…), et propose des fiches d’actions hiérarchisées
par degré de priorité.

Sous le pilotage de la DEAL, le Conservatoire
assure l’étude des espèces végétales remarquables
identifiées, notamment sur la falaise
entre Saint-Denis et la Possession.

Dans le cadre de cette mesure, trois espèces sont concernées :
➜ la mucune géante : non endémique de La Réunion, elle
connaît une large répartition. Bien que quelques études
existent ailleurs, l’espèce reste méconnue en local ;
➜ le bois de paille en queue : espèce endémique des Mascareignes
(Réunion et Maurice), il a quasiment disparu à l’île
Maurice (plus qu’une dizaine d’individus). La responsabilité
de sa conservation revient donc surtout à La Réunion qui, elle,
comptabilise environ 6 000 individus, tous concentrés sur la
falaise entre Saint-Denis et la Possession ;
➜ le bois de senteur blanc : très souvent observé dans les
années 80, seuls cinq pieds existent encore à l’état naturel.
Le Plan National d’Action pour sa conservation a été rédigé
en 2011 à la demande de l’État. Dans le cadre des mesures
compensatoires NRL, la Région a soutenu la mise en oeuvre
de certaines actions de conservation (inventaire de la collection
du Conservatoire et (re)reproduction de l’espèce).

Un suivi environnemental de la flore et des habitats
de la falaise de la Route du Littoral est
également assuré, dans le cadre du chantier de
la NRL, par le bureau d’étude ECOMED.
Outre le
suivi du bois de paille-en-queue, Ecomed a mis en place une
étude sur la résistance au sel de l’espèce par rapport aux
espèces envahissantes présentes sur la falaise, en partenariat
avec le Conservatoire Botanique. Cette action préconisée
dans le Plan Directeur de Conservation de l’espèce, a été
matérialisée par le recrutement d’une étudiante de Master
BEST (Biodiversité et EcoSystèmes Tropicaux) à l’Université
de La Réunion qui assure le bon déroulement des tests et l’observation
des résultats obtenus.


PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES DE LA NRL

La RN1 entre Saint-Denis et La Possession dite Route du Littoral,
itinéraire stratégique reliant le port de commerce à la
capitale administrative et à l’aéroport international Roland
Garros, supporte un trafic journalier de l’ordre de 60 000
véhicules/jour. Soumise à de forts aléas naturels, géologique
et maritime, cette route doit être abandonnée au profit d’une
nouvelle route en mer, plus éloignée de la falaise et redimensionnée
pour résister à des houles cycloniques centennales.

La nouvelle infrastructure présente les caractéristiques suivantes :
➜ Longueur approximative : 12,5 km (du PR 1,0 au 13,5 de
la route actuelle)
➜ Vitesse de référence : 90 km/h
➜ Profil en travers : 2x2 voies + BAU + réservation d’emprise
pour un futur TCSP - voie cycliste
➜ Combinaisons de digues et de viaducs en mer
➜ Diffuseur routier à Saint-Denis (RN 1 – Front de Mer et
RN 6 – Boulevard Sud)
➜ Échangeur complet avec la RD 41 (route de La Montagne)
à La Possession
➜ Projet sans péage

La collectivité s’assure de la mise en oeuvre d’un ensemble
cohérent de mesures permettant d’éviter, réduire, suivre en
continu et compenser les impacts environnementaux du chantier.
Ainsi, une organisation environnementale garantissant un
suivi contradictoire des différentes problématiques environnementales
a été mis en oeuvre.


FOCUS SUR
LES OUVRIERS MOBILISÉS SUR CE CHANTIER

Le chantier de la Nouvelle Route du Littoral a nécessité des
programmes de formation, l’emploi des Réunionnais, pour la
relance de la commande publique et l’activité économique
locale, notamment dans le secteur du BTP. La Région, avec
l’Etat et le Pôle Emploi, ont dans ce cadre signés une convention
pour définir les besoins en main d’oeuvre et établir un
plan de formation dédié pour répondre aux offres d’emplois
générées par le chantier. La Collectivité accompagne et
soutient financièrement les entreprises qui participent à ce
chantier.


LE GRAND VIADUC MARITIME 5400

1/ LA CONSTRUCTION DU VIADUC
DU LITTORAL

Le viaduc en mer de 5400m de la NRL est construit à partir
d’éléments préfabriqués en béton armé.
2 sites de production ont été opérationnels depuis 2015 :
le premier au Port Est, avec un accès direct à la mer, pour
la préfabrication des piles. Le second dans la Zone Arrière
Portuaire pour la préfabrication des voussoirs du tablier.
Une fois les pièces préfabriquées, elles étaient acheminées
sur site par des moyens spécifiques :

LES PILES ONT ÉTÉ AMENÉES
ET MISES EN PLACE PAR ZOURITE.

La pile est composée de deux parties :
➜ La partie supérieure, appelée tête de pile, constituée
d’une partie du fût de pile de hauteur variable et du chevêtre
sur lequel va venir s’appuyer le tablier.
➜ La partie inférieure, appelée embase, constituée de la semelle
qui va reposer sur le fond marin, et d’une partie du fût
de pile de hauteur variable pour arriver jusqu’à environ 3 m
au-dessus du niveau de l’eau.
La hauteur totale des piles varie de 24 à 38m. Les embases
des piles reposent entre 12 et 15m sous le niveau de la mer,
soit entre 3 et 8 m sous le fond de l’océan.

LES VOUSSOIRS DU TABLIER, dont le poids des éléments
peuvent aller jusqu’à 670 t, ont été chargés sur des
fardiers (chariots multi-roues de très forte capacité) à la ZAP,
empruntaient un itinéraire aménagé pour être acheminés soit
au Port Est pour les éléments sur appuis, soit à la Grande
Chaloupe pour les autres éléments. Les éléments sur appuis
(Méga Voussoir Sur Pile, Voussoir Sur Culée), qui sont très
lourds (jusqu’à 2400t), ont été acheminés et mis en place
sur site par Zourite, les autres éléments ont été acheminés au
lanceur pour être assemblés (le lanceur est la grande poutre
actuellement en cours d’assemblage sur le tenon Est du Port
Est).

La méthodologie de construction de préfabrication
de l’ouvrage présentait l’avantage :

➜ d’une part, d’avoir un maximum de travaux à terre sur les
2 sites de préfabrication dans des conditions de travail et de
sécurité optimum pour les salariés,
➜ d’autre part, de minimiser les interventions en mer, qui sont
très contraignantes notamment vis-à-vis des conditions météorologiques.
Les possibilités de travailler ou pas, dépendaient de critères
précis fixés à l’avance tels que la hauteur de houle, la vitesse
du vent fixées en fonction du type d’activité, du matériel utilisé,
etc.
Cette méthodologie a nécessité de se munir de gros moyens
pour transporter les pièces préfabriquées (fardiers, lanceur
et Zourite).

2/ LA POSE D’UNE PILE

Les 48 piles du viaduc ont été préfabriquées au Port Est puis
acheminées et posées sur site à l’aide de Zourite.
Zourite était une barge de 107m de long par 44m de large
équipée d’un portique capable de transporter des colis allant
jusqu’à 4800t. Elle était autopropulsée et permettait,
grâce à ses 8 jambes de stationner au-dessus de l’eau pour
poser la pile et était équipée d’une centrale à béton. Elle a
été construite spécifiquement pour ce chantier.

Pour chaque pile la séquence de construction était la suivante :
➜ Préalablement à la pose, une souille (un trou) en mer était
réalisée au droit de son emplacement pour aller chercher
des terrains présentant des caractéristiques mécaniques suffisantes.
Le fond de fouille était recouvert d’une couche d’assise
granulaire de 1 m d’épaisseur afin d’avoir une assise la
plus régulière possible ;
➜ L’embase (partie inférieure de la pile) était chargée depuis
son usine de préfabrication au Port Est sur Zourite ;
➜ Zourite acheminait puis posait l’embase. Cette dernière
était positionnée précisément grâce au portique d’une part,
et aux systèmes de réglage fixés sur la pile d’autre part. L’embase
était positionnée 40 cm au-dessus de l’assise granulaire
pour permettre une injection de coulis entre la sous-face de
la semelle et le dessus de l’assise granulaire. Cette injection
permettait d’avoir un contact parfait entre la semelle de fondation
et le sol ;
➜ Zourite retournait ensuite au Port Est pour prendre en
charge la tête de pile (partie supérieure de la pile) ainsi que
la partie de tablier située au-dessus de la pile (Mega Voussoir
Sur Pile ou Voussoir Sur Culée selon le cas) ;
Un clavage en béton armé entre les 2 parties de pile était
alors réalisé pour solidariser les 2 éléments, d’où la nécessité
d’une centrale à béton à bord. La partie supérieure de tablier
était fixée à la pile à l’aide de câbles de précontrainte.

Par la suite le lanceur s’appuyait sur ces éléments en mer
pour assembler les voussoirs du tablier. Ces derniers étaient
acheminés par voie terrestre avec les fardiers la nuit en utilisant
la route du littorale basculée côté falaise.

3/ LES ÉTAPES DE CONSTRUCTION
DU VIADUC

 
➜ Conception des éco-modules (2015)

➜ Début des travaux sur site du grand viaduc maritime de
5,4 km (Viaduc du Littoral) entre la Grande Chaloupe et
Saint-Denis. (2016)
> Les usines entrent en phase de production industrielle (fabrication
des piles côté Port Est et des Voussoirs côté Zone
Arrière du Port).
> Arrivée et baptême de la barge de transport des éléments
de pile : Zourite.
> Pose de la première pile P48
> Ripage et pose du Méga Voussoir
> Mise en place du lanceur
> Le viaduc se construit depuis la Grande Chaloupe vers
Saint Denis.

➜ Préparation des planchers par Pinocchio (2017)

➜ Pose de voussoir sur culée (2017)

➜ Première couche d’échantéité (2018)

➜ Pose de la dernière pile P01 du viaduc du littoral en mer
en présence des partenaires et des ouvriers (2019)

➜ Pose du dernier voussoir et raccordement entre la Grande
Chaloupe et Saint-Denis avec le viaduc littoral (2019)

2020
➜ Pose des travée de rive (2020)

2021
➜ Livraison officielle du Grand Viaduc 5400 (mars 2021)


LES TRAVAUX EN COURS

1/ LES TRAVAUX D’INFRASTRUCTURES EN
COURS D’ACHÈVEMENT

Les travaux de digues MT5.1 et MT5.2 (GTOI/SBTPC/VCT)
se poursuivent dans les délais prévus. Ces tronçons de digues
seront livrés au cours du 3e trimestre 2021 et les 216 mètres
de digue D5 (marché MT5.2) seront bien achevés en septembre
2021.
Les travaux de raccordement entre la NRL et le pont Vinh San
débutés mi 2018 (marché MT7 du Groupement PICO / ETPO
Réunion / ETPO / ROCS) vont s’achever dans les semaines
à venir.

2/ LE RACCORDEMENT ANTICIPÉ À LA
GRANDE CHALOUPE

Les marchés nécessaires au raccordement anticipé à la
Grande Chaloupe ont été notifiés en début d’année, principalement
au Groupement GTOI / SBTPC, et devront s’achever
d’ici fin 2021. Il s’agit de construire et de protéger un
raccordement provisoire entre l’extrémité de la digue D3
(digue à l’ouest de la grande Chaloupe) et l’actuelle route
du Littoral.

3/ LES TRAVAUX DE FINITIONS ET D’ÉQUIPEMENT

Les travaux de finitions et d’équipement sont également en
cours de réalisation.
- Depuis presqu’un an, le Groupement SPIE CITY NETWORKS
/ SATELEC / GRANIOU OI procède à la pose des câbles
dans un premier temps dans le Grand Viaduc pour que les
équipements de gestion du trafic soient opérationnels (les ateliers
sont visibles sur le grand viaduc).
- Le marché de chaussés et d’assainissement des digues
(GTOI / SBTPC) vient de débuter depuis quelques semaines
(ateliers visibles notamment sur la digue D1 et la digue D2).
- Les marchés de signalisations et de finition vont également
prochainement débuter pour permettre de mettre en service
d’ici 1 an plus de 8,5 km de route sur les 12 km prévus à
terme.

4/ LA RÉALISATION DES 2,5KM DE DIGUE
RESTANT

Un appel d’offre pour la réalisation des 2.5km de digue restant
entre la Grande Chaloupe et La Possession est élaboré.

Photos