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Demande de droit de réponse suite à un article sur la NRL - MEDIAPART

26 juin 2020

DEMANDE DE DROIT DE REPONSE
DU CONSEIL REGIONAL DE LA REUNION

Vendredi 26 juin 2020

INFORMATION ET RECTIFICATION SUITE À L’ARTICLE PARU SUR VOTRE SITE

Mesdames, Messieurs, les Directeurs de la publication et rédacteurs en chef de MEDIAPART,  

Nous avons pris connaissance de l’article titré « Route la plus chère au monde… fin de partie ? » publié jeudi 25 juin sur le « Club Mediapart », le « Blog d’information participatif » de votre média, lui-même présenté sur votre site comme un « journal d’information numérique indépendant et participatif ».

C’est avec un vif étonnement que nous avons découvert cet article d’Alexis CHAUSSALET, puisqu’à aucun moment ce militant associatif parisien (tel que présenté sur votre site internet) n’avait pris l’attache de notre collectivité pour échanger avec nous et nous donner la parole dans le cadre de son projet d’article.
Le fait de contacter la Région Réunion pour lui proposer de réagir sur ses analyses, aurait traduit de la part de cet auteur un souci d’objectivité et d’honnêteté intellectuelle. Il aurait permis d’éviter de diffuser à votre lectorat un point de vue totalement partial, entraînant la diffusion d’un certain nombre de contre-vérités et de sous-entendus trompeurs.

Vif étonnement encore quant à la tonalité de ce papier, très politisé, et du calendrier de parution à trois jours du second tour des élections municipales, alors qu’aucune autre actualité immédiate ne le sous-tend. L’auteur replace d’ailleurs lui-même son papier à plusieurs reprises dans le contexte des élections municipales et le bâtit entièrement autour d’un document de campagne.

Il s’avère que cet article, dans son titre, son chapeau et le corps du texte, retranscrit une vision pour le moins erronée du chantier de la NRL et de la situation actuelle, éloigné de la réalité dont on peut supposer qu’elle est pourtant au centre de l’intérêt de vos lecteurs.

Nous déplorons le traitement et le parti pris qui ont été ceux de votre auteur, ainsi que sa méthode extrêmement tendancieuse qui consiste à ne citer que des éléments d’appréciation de sources en défaveur du projet, sans jamais donner la parole au maître d’ouvrage ni à tous ceux qui défendent ce chantier. _ Un procédé aux antipodes d’une quelconque déontologie journalistique, pour qui prétend rédiger des articles, ne serait-ce que sur un « blog d’information participatif », et qui tend à influencer les lecteurs sans leur donner les moyens de se forger une opinion réellement éclairée.

Nous vous demandons en conséquence, pour la pleine information de vos lecteurs, de bien vouloir publier ce rectificatif et complément d’information :

Le chantier de la Nouvelle Route du littoral, la solution la plus adaptée pour garantir la sécurité des usagers
Le chantier de la Nouvelle Route du Littoral est un chantier réunionnais, français et européen qui permettra à la fois de résorber un risque naturel majeur auquel sont exposés les usagers de la RN1 entre St Denis et La Possession, et de moderniser un axe essentiel de l’île de la Réunion : une route actuelle vieillissante qui subit régulièrement des chutes de blocs et éboulements ainsi que des effondrements en masse. 
Depuis son ouverture en 1976, ces phénomènes ont entraîné 22 décès. L’éboulis du 27 janvier dernier qui a causé un blessé souligne une fois de plus la dangerosité de cette route.
Par ailleurs, l’impact économique des fermetures et des basculements de la route actuelle est extrêmement préjudiciable.
La Région Réunion a décidé de lancer en 2013 le chantier de la NRL qui permettra aux 80 000 usagers quotidiens de cet axe de relier en toute sécurité le Nord et l’Ouest de l’île. Le budget de l’opération, d’un montant de 1,66 milliard d’euros (valeur 2010), a été acté lors des accords de Matignon, le 14 octobre 2010.

La réalisation de cette route ainsi que son tracé actuel ont été actés par l’Etat et l’ancienne majorité régionale. La décision de l’actuelle équipe (en assemblée plénière de 2010) a été de ne pas adopter le péage proposé par l’ancien Président Vergès et son équipe et d’intégrer en revanche une voie de transport en commun. 

Un nombre important d’études ont été réalisées avant d’aboutir au projet NRL. Les choix ont été effectués en tenant compte de toutes les alternatives envisageables. Chacune des décisions prises par la collectivité régionale s’est appuyée sur les conclusions d’experts et ont été validées au plan national et européen, tant sur les aspects financiers, juridiques, qu’environnementaux et techniques.

La poursuite du chantier reste une priorité, avec une mise en service anticipée

Les récentes discussions dans le cadre du protocole signé en début d’année entre l’Etat, la Région et le Groupement d’entreprises attributaires des marchés ont conclu à la poursuite du chantier pour des raisons évidentes de sécurité pour les usagers de l’actuelle route du littoral. 
La Nouvelle route du littoral pourrait être ouverte, dans un premier temps, sur plus de la moitié de son tracé, soit 7km sur 12km au total, entre Saint-Denis et la sortie de la Grande chaloupe, au moyen d’un raccordement provisoire à l’ancienne route.
C’est une solution envisagée pour permettre aux usagers d’utiliser les 7 km réalisés jusqu’à la livraison totale du chantier qui interviendra en 2023.

80% du chantier déjà réalisés
Aujourd’hui, 80 % du chantier est réalisé. L’objectif de la collectivité régionale est de terminer la construction de la NRL dans les délais les plus resserrés possible, à un coût acceptable pour le maître d’ouvrage.
La réalisation de la digue de 2,7 km entre la Grande Chaloupe et La Possession, qui est la solution retenue pour la poursuite du chantier, privilégiera les approvisionnements en matériaux locaux, en particulier la récupération d’andains.
L’État a expertisé les différents site après les récupérations d’andains effectuées à ce stade. Il a constaté un gain de surfaces agricoles pour les exploitations ; un meilleur aménagement de l’espace ; une plus grande protection contre l’érosion.

80 millions d’euros investis pour l’environnement
La Région Réunion a choisi d’inscrire le projet NRL dans une démarche exemplaire de préservation d’un site considéré comme “hotspot” mondial de la biodiversité. 80 millions d’euros (valeur 2010), soit 5% du budget global est consacré au volet environnement, contre 1 à 3% en moyenne pour les chantiers d’envergure équivalente.
En ce qui concerne la préservation du patrimoine naturel, près de 150 mesures de suivi, de réduction et de compensation sont mises en oeuvre chaque jour. Un bilan réalisé à mi-parcours met clairement en évidence, à partir de très nombreux suivis réguliers et en temps réel, que les impacts du chantier sur l’environnement sont très largement inférieurs à ceux initialement prévus et tolérés.
Par exemple, la fréquentation des mammifères marins, dont les cétacés (baleines et dauphins), s’est accrue depuis 2019 et les bancs coralliens sont dans un état similaire à la situation avant travaux.
Pour autant, et par précaution, la Région maintient à l’identique l’ensemble de ses mesures environnementales.

La Région Réunion agit pour développer tous les modes alternatifs à l’automobile
Avec plus de 2,5 millions de déplacements quotidiens, et face à l’augmentation de la congestion des réseaux routiers, la Région Réunion agit pour développer toutes les alternatives aux déplacements en voiture individuelle.
Dès 2010, la Région Réunion a accompagné les EPCI et leurs réseaux urbains avec le programme TransEcoExpress qui a permis de créer 51 lignes de bus (soit 392 km de lignes nouvelles ou d’extension de lignes), d’implanter 718 arrêts et abris voyageurs, de renouveler une partie de la flotte au moyen de bus hybrides et électriques, et de réaliser 40km de voies dédiées aux transports en commun. 
La NRL prévoit un TCSP (voie bus, voire dans un second temps un système ferré ou guidé), ce que ne permet pas la route actuelle.
La politique volontariste de La Région se traduit aussi par la mise en œuvre du RRTG (Réseau Régional de Transport Guidé) RunRail, un équipement structurant en mode ferré léger, prévu pour desservir sur 150 km les villes et les grands axes de connexion avec les autres réseaux urbains.
Le Plan Régional Vélo et sa voie vélo régionale, colonne vertébrale des itinéraires cyclables, se concrétisent chaque année un peu plus. Sur les 210 km identifiés, 60 % ont été réalisés. Le plan Covoiturage a permis la création d’une dizaine d’aires de stationnement sur l’île.

Par ailleurs, la Région Réunion participe au financement à hauteur de 15 millions d’euros, soit 43% du coût éligible, du projet porté par la Cinor de premier téléphérique urbain qui, à Saint-Denis, reliera sur 2,7 km le quartier du Chaudron à celui de Bois-de-Nèfles.

Le Tram-train, un projet non finançable, invalidé par les tribunaux :
En décembre 2009, le coût du projet Tram-train était estimé par la Région à un montant initial de 1,909 milliard d’euros, auquel s’ajoute une redevance annuelle de 125 millions d’euros sur 40 ans.
À l’époque, les premiers Accords de Matignon avaient été conclus sur un coût du projet à 1,2 milliard d’euros. Quant au décalage entre le coût prévisionnel de la redevance et les moyens de la collectivité, il était estimé à 80 millions d’euros/an sur 40 ans, soit un différentiel de 5,7 milliards d’euros au total.
Malgré l’absence de plan de financement viable, la majorité régionale de l’époque avait signé un contrat de partenariat avec la société Tram Tiss SAS, attributaire pressenti du marché du Tram-train, avec une clause suspensive : obtenir l’accord de l’État pour une dotation ferroviaire de 80 millions d’euros par an sur 45 ans.
Sollicité par la collectivité, le gouvernement a considéré que le projet Tram-train était non-éligible à la dotation ferroviaire de l’Etat. La Région s’est donc retrouvée dans l’incapacité à boucler le financement du projet.
Pour autant, l’ancienne mandature a persisté, espérant passer en force, et mettant la collectivité dans une situation périlleuse.
En 2010, le projet Tram-train a fait l’objet d’un rapport d’analyses toutes négatives sur sa faisabilité financière, y compris celle de l’assemblée plénière du 2 décembre 2009, sous la mandature pourtant à l’origine du projet. 
Le 30 juin 2011, la Cour d’appel de Bordeaux a jugé dans un arrêt que l’évaluation socio-économique du projet Tram-train était insuffisante. Elle a annulé dans son intégralité l’arrêté déclarant le projet d’utilité publique.
Le projet irréalisable de Tram-train aura coûté au total plus de 75 millions d’euros à la collectivité régionale, dont près de 18 millions d’euros d’indemnités de résiliation.


Pour plus d’infos :  
-  www.regionreunion.com/actualite/toute-l-actualite/article/la-nrl-le-choix-du-trace-l-equilibre
-  www.regionreunion.com/actualite/toute-l-actualite/article/la-nrl-qui-fait-quoi-les-acteurs-les-responsabilites
-  www.nouvelleroutedulittoral.re
-  www.nouvelleroutedulittoral.re/financement/article/le-financement-de-l-operation
-  www.nouvelleroutedulittoral.re/environnement/article/une-demarche-environnementale

Nous vous remercions pour la prise en compte de notre demande et restons à votre disposition pour suivre ce grand projet et vous apporter toutes les informations utiles à son sujet. 

Nous vous prions d’agréer, Mesdames, Messieurs, nos sentiments les meilleurs. 

Le service communication

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